HISTORIQUE SUR L’HALTEROPHILIE                              

Par Edouard MALLET (reproduction interdite sans autorisation de l’auteur).

 

L’histoire de la force à travers les âges si elle pouvait être contée ou écrite au moyen de documents sérieux, serait, sans contredit, une des études les plus intéressante qui se puisse imaginer. Toutes les fantaisies anecdotiques se sont données libre cours à propos de ce sport singulièrement ardu, des “poids et haltères ” . Il n’est peut-être pas de domaine dans lequel la légende et la fable se soient données librement carrière. Des histoires sur le monde des leveurs de poids? Il en existe de quoi remplir un volume, de vraies, de fausses, plus de fausses que de vraies, bien entendu. C’est précisément pour cela qu’il est doublement utile de tenter de dégager la vérité, chose mal aisée, il faut l’avouer. Nous concevons logiquement ces fameuses légendes qui nous ont été transmises parfois à travers les siècles et dont la part de vérité est souvent bien minime.

 

1 -  ANTIQUITE

 

Les récits de la mythologie et de l’histoire ancienne contiennent une foule de légendes dans lesquelles la force musculaire joue un rôle prépondérant. Les deux premiers athlètes dont les récits nous rappellent les hauts faits sont SAMSON, dont parle la bible, et HERCULE que nous retrouvons dans la mythologie païenne. Nous retrouvons chez les Grecs l’amour très intense de la force musculaire avec Milon de Crotonne.

 

A l’origine il semblerait que les premiers haltérophiles étaient des sauteurs. En effet, certaines sculptures représentent des athlètes tenant en main, bras fléchis des sortes d’haltères en pierre de forme géométrique. Les haltères en pierre pesaient environ 25 kilos. Ce qui paraît formidable, c’est que le diamètre était d’environ 35 cm, le maniement de ces engins avait pour but, paraît-il de donner plus d’élan aux sauteurs.

Mais les Grecs utilisaient-ils réellement les haltères, non seulement pour sauter mais aussi pour faire un véritable travail de musculation? Ou bien l’auteur a-t-il simplement imaginé ou observé cette forme de préparation physique?

 

 

 

2 -  MOYEN-AGE ET RENAISSANCE

 

Les hommes forts abondent à cette époque là. Tous les chevaliers s’illustrèrent par de nombreux tours de force. Il fallait être déjà d’une force supérieure pour guerroyer avec une armure et le maniement des armes de cette époque n’était pas chose aisée.

Citons Pépin le Bref Bayard, Duguesclin, Godefroy de Bouillon qui tous furent d’une force stupéfiante. Le grand Ferré fut l’orgueil du Nord de la France durant la guerre de Cent ans. Cette période est plutôt riche en tours de force mais il ne reste pas de trace du sport haltérophile.

 

Les exercices de levers étaient bien souvent exécutés à l’occasion de paris. Dans la littérature Française, il semble que se soit Rabelais qui, le premier, utilisa le mot haltères. Père spirituel du géant Gargantua pour lequel il construisit un système d’éducation, Rabelais écrit en 1534 “ et pour gualenter les nerfz, on luy avoit faict deux grosses saulmones de plomb, chascune du pays de huyt mille sept cents quintaulx, lesquelles il nommait altères.. ”.

 

 

 Au siècle de Rabelais, les troupes de forains, bateleurs, hercules, s’exhibaient déjà sur les places publiques dans des tours d’adresse et de force. Il est donc possible que les haltères impressionnants cités par Rabelais aient été inspirés par de tels spectacles et soient à l’origine des déductions de Mercurialis.          

 

 

3 – LE XVIIIè SIECLE

 

Il faut attendre la deuxième partie du XVIIIè siècle pour que les idées de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation – L’EMILEparait en 1762 – inspirent tous ceux qui se sont efforcés de lier les exercices corporels au travail intellectuel. La formule de Jean-Jacques Rousseau “ plus le corps est faible plus il commande plus il est fort, plus il obéit ” est mise en application en Allemagne par les “ Philantropistes ”

 

4- LE XIXè SIECLE

 

Au début du siècle, un homme célèbre entre tous est Charles ROUSSELLE, dont la statue peut être admirée encore au jardin des Tuileries dans la pose de l’Hercule terrassant l’Hydre. Il fut surnommé l’Hercule du Nord. Une histoire plus ou moins vraie nous raconte qu’un jour pour indiquer le chemin à un passant, il saisit sa charrue par le manche d’une seule main et la souleva comme il eut fait d’un jouet. Ce fut également un des plus grands lutteurs de son époque (1827).

 

 

Le travail en placarde. Le premier homme qui eut l’idée de travailler en public les poids et haltères fut un nommé Jean BROYASSE qui naquit à Lyon en 1798. Ses engins, il les tenait d’un Allemand nommé STUCKER fixé en France depuis l’âge de 20 ans. BROYASSE s’engagea dans un cirque, puis épris de liberté, se décida à travailler seul sur les places publiques.

Vint WOLFF qui s’était lui-même surnommé “le Rocher du Luxembourg ”, pourtant il travaillait avec des poids... truqués. En 1866 les exercices de force se pratiquaient surtout dans un nouveau gymnase tenu par Eugène PAZ.

Ces tours de force et les luttes qui se déroulaient au gymnase Paz attiraient une grande foule si bien que certains organisateurs profitant de l’engouement du public en firent une affaire commerciale.

Rossignol ROLLIN célèbre par ses dons d’orateur savait tenir un public. Il donnait des surnoms ronflants aux athlètes qui faisaient les beaux jours des arènes de l’époque.

Ces annonces truculentes n’étaient faites que pour impressionner les foules comme il se doit.

 

Vint à la même époque Hippolyte TRIAT (1812-1881), il est le

véritable précurseur de l’haltérophilie. Né dans le midi de la France, orphelin à quatre ans, enlevé par des bohémiens à six ans, il fut d’abord danseur de corde, puis dés l’âge de treize ans, il présentait en compagnie d’un Espagnol et de ses deux fils un numéro de poses plastiques et de lever de poids. A Bruxelles, il créa un gymnase qu’il dirigea pendant sept ans. Agé de 35 ans, il fit aménager une magnifique salle, 36 avenue Montaigne à Paris. Compromis en 70-71 au temps de la "commune" il est interné, relâché quelques mois plus tard, il assure la direction d’un gymnase moins important jusqu’en 1879, deux années avant de mourir à l’âge de 69 ans.

 

 Véritable athlète, TRIAT possède à l’âge de 42 ans, selon le témoignage du docteur Cassel les

mensurations suivantes taille 179 cm, poids 95 kg, poitrine 124 cm, bras 41 cm, ceinture 83 cm, cuisse 73 cm.

Ses principales performances sont impressionnantes :

-    lever d’un seul temps avec les 2 bras (arraché): 101 kg

-   bras tendu à droite, épaule gauche appuyée à un mur: 32 kg

-   soulevé sur le dos, mains appuyées sur un tréteau : plus de 1 000 kg

-  3 tractions à la barre fixe d’un seul bras

-   en équilibre sur une barre, sur un seul pied, il levait 2 haltères de 45 kg chacun

-   épaulé jeté du bras droit: 91 kg

-   épaulé jeté du bras gauche 84 kg

L’haltère court de 91 kg existe toujours et porte ces mots gravés au burin : “Triat . Nîmes 1839”.

 

Malgré l’impulsion donnée par Triat, l’haltérophilie ne s’implante pas immédiatement en France. Alors que le goût de l’effort physique naît dans notre pays de la pratique de la bicyclette, nouveau moyen de locomotion rapide et économique, alors que la gymnastique aux agrès s’organise.

 

sous la férule des moniteurs de Joinville, alors qu’après 1870, les grandes fédérations sportives apparaissent, les débuts du sport haltérophile sont longs et laborieux. Pratiqué le plus souvent dans des arrière-salles de cafés et dans quelques gymnases, le lever de poids reste encore l’apanage de quelques professionnels de la force. Vers 1880, les premières associations missent en Allemagne, à Hambourg, Cologne, Leipzig, Francfort, Duisbourg, Munich à l’origine trois mouvements y sont pratiqués:

-              un lancer de pierre

-                                                   un soulever de gueuse en résistance

-                                                   un porté très lourd (??)

Cette fin du XIXè siècle fut surtout la période des pasticheurs forains où des hommes doués physiquement accomplissaient des exercices plus ou moins gracieux avec des poids plus ou moins faux.

En France, les hommes forts s’entraînent dans quelques gymnases, comme celui d'Eugène Paz, mais le premier essai d’organisation sérieuse revint aux associations de Lille et de Roubaix qui vers 1890 fondent la Fédération athlétique du Nord.

 

Après plusieurs années de discussions et de tâtonnements, une nomenclature des mouvements est établie:

              

-              les développés, arrachés, épaulés-jetés à un et à deux bras

-              le dévissé d’un bras

-              la volée d’un bras

-              le bras tendu

 

Des règlements furent créés de toutes pièces qui donnaient à chaque exercice un nom, un règlement propre. Des records furent établis distinctement pour les amateurs et les professionnels qui étaient très différents.

Desbonnet fonda les dynamométreurs, ou arbitres contrôlant les performances au dynamomètre Reigneir. Les dynamométreurs furent d’ailleurs appelés à contrôler toutes les performances de levers.

C’est du Nord à ce point de vue qu’est venue la lumière. Le pays des hommes forts, comme il fut appelé quelquefois avec raison se devait, de fournir outre les athlètes, les rudiments du code de la force. Il en a fourni plus que les rudiments.

En 1883, Desbonnet fonda au sein de la société de gymnastique "la concorde" une section de poids et haltères successivement d’autres sociétés (la jeunesse lilloise, la Française...) créèrent des sections analogues.

En 1885, Desbonnet établit une première liste des records du Nord.

En 1888, il rédigeait les règlements types qui sont à peu de chose près encore en vigueur aujourd’hui.

Enfin en 1894, vers Noël fut organisé toujours par le même homme le premier championnat international auquel prirent part Français, Belges, Hollandais. Il eut lieu en Belgique à Mouscron. De cette époque date la première documentation sérieuse en matière d’haltérophilie, notamment la prise de mensuration des pratiquants.

 

Aux premiers jeux olympiques de l’ère moderne à Athènes en 1896 l’haltérophilie figurait au programme parmi les disciplines sportives optionnelles mais le baron Pierre de Coubertin à qui revient le mérite de la rénovation des “jeux ” après 1503 ans d’interruption ignora l’inscription de ce sport au programme olympique. Deux mouvements étaient alors inscrits l’épaulé jeté à deux bras et l’épaulé jeté à un bras, gagnés respectivement avec 111,5 kg et 71 kg.

 

Considéré comme l’homme fort de la famille Royale, le prince Georges de Grèce jugea ces épreuves.

En 1898, au concours de Vienne, appelé championnats du monde la diversité des interprétations dans la réalisation des mouvements fut mise en évidence, les Français suivaient un règlement très strict, tandis qu’Allemands et Autrichiens épaulaient en plusieurs temps en posant la barre sur le ventre.

 

5 - LE XXè siècle

 

A chaque nouvelle organisation internationale, le choix, le nombre ou l’exécution des mouvements étaient différents, en 1902 aux championnats du monde, à Londres, le programme ne comprenait pas moins de onze mouvements de même que l’année suivante à Paris. Le statuaire athlète Alexandre MASPOLI se tailla un succés formidable à Londres en améliorant tous les records existants et s’affirmant supérieur aux Anglais.

Dés avant 1900, Edmond DESBONNET avait compris ta nécessité d’une organisation internationale afin de planifier, de réglementer cette discipline. Il créait l’Haltérophile Club de Paris appelé plus tard “haltérophile Club de France ”. L’H.C.F. avait pour ambition de réunir les principaux dirigeants du monde entier Desbonnet groupa en un bureau d’honneur, Russes, Italiens, Anglais, Argentins, Canadiens, Autrichiens, Danois, Français. Malheureusement, ce brillant aréopage n’entretenait que des relations épistolaires et l’influence de l’haltérophile Club de France ne s’étendra guère hors des frontières. Pourtant, l’H.C.F. assura, en France, l’organisation d’épreuves nationales et internationales. Le premier championnat de France, eut lieu en 1901, au cirque Mollier, mis sur pied par Desbonnet. Ou les compétitions officielles parmi lesquelles un tournoi international au Moulin Rouge ouvert aux amateurs, remporté par LANCOUD, et aux professionnels, remporté par BONNE, en 1903.

 

En janvier 1904 un championnat de Paris avec trois catégories de poids pour la première fois: 65 kg, moyens de 65 kg à 80 kg et lourds au-dessus de 80 kg, en juin 1905, un championnat de France dont Maspoli son vainqueur, en décembre 1905, un championnat dit du Monde (Hippodrome Bostock) ou cinq essais furent accordés sur chaque mouvement avec...DIX-SEPT ! mouvements, en 1907 un championnat de France à Wagram où Maspoli conserve son titre, se succédèrent régulièrement jusqu’en 1907, date à laquelle Desbonnet se retira de l’H.C.F. Pendant cette période la réglementation des épreuves était encore mouvante, le nombre des mouvements suivait une courbe ascendante, 11, 13 et même 17. Le nombre des essais n’était pas définitivement établi. En 1907 deux listes de records du monde (amateurs et professionnels) publiées par Desbonnet ne comportaient pas moins de 22 mouvements chacune. Tous les records étaient détenus par des Français, quelques Belges et des Suisses. Les palmarès aberrants, mettaient en évidence l’absence d’un organisme international, car pendant cette même période, l’haltérophilie connut un prodigieux essor en Allemagne et en Autriche. La ville de Vienne produisait de véritables colosses, en 1905 tandis que Maspoli remportait le championnat de France avec, entre autres performances, 130 kg au jeté, STEINBACH en Autriche, battait le record du développé en haltères séparés, avec 135 kg Jusqu’à la première guerre mondiale, les compétitions se multiplièrent dans les pays germaniques, alors qu’en France, depuis le départ de Desbonnet de l’H.C.F., l’activité ne dépassait pas le niveau des clubs, rares étaient les compétitions officielles. Il y est alors impossible d’établir une liste suivie d’épreuves officielles en ce qui concerne l’époque qui s’étend de 1907 à 1914.

 

C’est le 23 mars 1914 que Jules ROSSET, entouré de quelques amis, BUISSON, ancien champion des légers, HEILES, ex-recordman du Monde, BOURDONNAY, DUCHATEAU fondèrent la Fédération Française de Poids et Haltères à Paris. Ancien lutteur, bon haltérophile, Jules ROSET était un vrai sportif. Il se révéla

excellent dirigeant: La F.F.C.H. avait encore peu fonctionné lorsque survint la guerre. A ce moment existaient toujours les tableaux de records (Français -Mondiaux) établis par l’H.C.F. la nouvelle Fédération les adopta sans y rien changer, pas plus qu’aux règlements en vigueur. Une entente ou une fusion devenait donc nécessaire. Elle ne se réalise qu’après la guerre et à partir de 1919, la F.F.P.H., en plein accord avec l’ancien H.C.F., qui lui avait transmis tous ses documents, records et arbitres, resta seule en France pour présider aux destinées du sport haltérophile.

 

La même année Jules Rosset est chargé par M. Frantz Reichel de s’occuper des Jeux interalliés et comme dirigeant fait admettre les poids et haltères aux jeux olympiques d’Anvers en 1920 et fonda alors, la Fédération Internationale haltérophile dont il fut le président jusqu’en 1952. Il décédait le 18 mars 1973.En 1920, aux jeux olympiques, 14 Nations participèrent aux épreuves d’haltérophilie. La France eut deux champions olympiques: GANCE en moyen et CADINE en mi-lourd.

Aux championnats du Monde en 1922 à Reval, la France remporta 2 titres. Roger FRANÇOIS en moyen.

 

En 1924 aux J.O. qui furent organisés à PARIS, DECOTTIGNIES en léger et RIGOULOT en mi-lourd remportèrent la palme suprême. Jules Rosset après les jeux de Paris, obtint l’inscription définitive de l’haltérophilie aux J.O., à la condition que “les exercices imposés ” se limitent aux trois mouvements à deux bras.. Ainsi en avaient décidé les membres du comité olympique international fixant ainsi la formule technique des compétitions qui restera stable jusqu’en 1972 ou le congrès de Munich (JO) supprima le développé à deux bras, devenu difficile à arbitrer de par l’évolution technique mais aussi le laxisme des arbitres.

La Fédération Internationale où l’influence française sera prédominante avec ROSSET, puis GOULEAU et DAME jusqu’après 1950, organisera quelques championnats du Monde et d’Europe pendant la période 1920-1939. Elle se structurera plus solidement à partir de 1946, ou désormais chaque année voit l’organisation d’un championnat du Monde et d'Europe chaque année voit des affiliations nouvelles.

 

Après ces débuts difficiles, hésitants, l’haltérophilie s’est donc solidement organisée, elle s’est hissée au niveau des grandes disciplines sportives. Tous les fervents du sport haltérophile doivent rendre hommage aux pionniers, aux initiateurs, aux grands dirigeants, sans oublier les athlètes les plus prestigieux qui par leurs performances et leur personnalité ont attiré l’attention de leurs contemporains et ont suscité des vocations:

Les Français, citons: Le Lyonnais MASPOLI (nous l’avons cité à plusieurs reprises) sculpteur de talent et particulièrement brillant dans les exercices de détente, il débuta à l’âge de 12 ans par la gymnastique. En 1898 à Vienne il est champion du Monde et recordman amateur (il est le seul Français), En 1900, il est champion aux premiers championnats de France amateur à Paris (cirque Moliér).

 

            En 1902, à Londres il est champion du Monde avec 5 records mondiaux.

En 1903, 1904, 1905 il est plusieurs fois champion dans diverses épreuves nationales et internationales.

En 1906, à Athènes il représente la France aux “jeux Olympiques ” (non reconnus) il est 3è aux poids et haltères et 7è au saut en longueur sans élan avec 2,90 m. Il est décédé en 1943 et fut président du Lyonnais.

Louis VASSEUR, né à Roubaix dans le Nord le 24 janvier 1885 arrache le samedi 5 octobre 1912 au gymnase Rosset à Ménilmontant, à droite le poids formidable de 100 kg (en barre), c’est la 1ère fois que cet exploit a lieu officiellement. Il pèse alors 97 kg. Il fut la révélation du championnat international de Lille en 1906. En 1910, il bat le record de Maspoli (135,5 kg) avec 136,5 kg au jeté à 2 bras et réussira plus tard 142,5 kg. En 1913 il arrache 116 kg à 2 bras record du monde. Il fut aussi recordman de France amateur du lancer de poids (7,257 kg) avec 12,78 m en 1909, et du lancer du disque avec 33,20 m en 1906.

Jean-François dit “ LE BRETON ”. né à Quimper (Finistère) le 14 avril 1879, athlète complet avant de se spécialiser aux poids et haltères, il s’éteignait le 16 juin 1941. Voici quelques-unes de ses performances: Arraché à 2 bras 115,5 kg le 24 septembre 1907 à Paris (battu de 500 g) par Vasseur en 1913, en 1907 le 1er octobre, jeté à 2 bras 145,5 kg (qui fut pendant plus de 15 ans le record de France).

 

Il y avait à l’époque une multitude de mouvements et les athlètes ne pouvaient se spécialiser. Puis tous ceux qui pendant la période d’entre deux guerres (1918-1939) remportèrent des médailles à chaque “ J.O... ”

GANCE et CADINE en 1920 à Anvers

Henri GANCE né le 17 mars 1888 à Paris, 1,70 m, 75 kg, licencié au Cercle Athlétique Parisien, il débuta en 1908, champion de France en 1920, puis champion olympique avec 65-75 et 105 (arraché d’un bras, jeté de l’autre bras, jeté des 2 bras).

 

Ernest CADINE né le 12 juillet 1893 à St-Denis, 1,67 m, 82,5 kg débuta en 1910. En 1920 (après la guerre donc) il jeta 135 kg en mi-lourd. Vainqueur en 1920 à Anvers aux J.0., toutes catégories alors qu’il ne pesait que 82 kg avec 70-90, et 135 (arraché d’un bras, jeté de l’autre bras, jeté des 2 bras). Il avait une serre proverbiale, Sa main était un véritable étau.

Le 22 mai 1924 il jeta 145 kg à France-Suisse, mais subit 2 défaites face à RIGOULOT (son grand rival) en octobre 1925 et janvier 1926 puis passa alors au music-hall. Il est contemporain de l’apparition des premières barres à disques. Ses records 98 kg à l’arraché à droite, 108 développé à 2 bras, 161 kg au jeté à 2 bras. 302,5 kg au soulevé de terre. Il est décédé le 22 mai 1978.

 

DECOTTIGNIES et RIGOULOT en 1924 à Paris

 

Edmond DECOTTIGNIES né le 3 décembre 1893 à Comines dans le Nord 1.71 m. 67,5 kg, licencié aux “ Travailleurs de Comines ”. Il débuta en 1911 en haltérophilie après avoir été un gymnaste de talent.

En 1913 il est champion d’Europe à Nice. En 1921, 1923 et 1924 il est champion de France léger.

En 1924 il est champion olympique à Paris devant 22 concurrents sur 5 mouvements (arraché, à gauche, épaulé-jeté à droite, développé, arraché et épaulé-jeté à 2 bras avec 440 kg).

 

Charles RIGOULOT. Le nom de Charles Rigoulot restera sans doute le plus prestigieux de cette période. Il était né le 3 novembre 1903 au Vésiné (Seine et Oise).1,73 m, poids lourd (autour de 100 kg), licencié au Pons Amical Club et au Club Athlétique des Gobelins, il débute en 1922 et fait sa première apparition le 5 mars 1923 aux championnats de Paris où il jeta 110 kg, arracha 90 kg (entre autres mouvements) il pesait alors 81,3 kg..

 

Charles RIGOULOT (à gauche)

Serre la main de CADINE (à droite)

Après leur match mémorable (1926)

 

En 1924, bien que deuxième aux championnats de France (derrière MONNET) il se fait remarquer par ses exercices de détente (Arraché:100 kg et épaulé-jeté:130 kg), il participe aux jeux olympiques de Paris la même année et remporte le titre des mi-lourds (difficilement à 82,5 kg) avec arraché à droite: 87,5 kg, jeté à gauche: 92,5, développé 85 kg, arraché 102,5 kg et jeté 135 kg. Dés la fin 1924 il pèse 89 kg et avec 152,5 kg bat le record du monde de l’Allemand ASSLER (il y ajoutera au fil des années quelque 30 kg). CADINE (90,5 kg) champion olympique en 1920 le rencontrera 2 fois, la première fois au cirque de Paris le 6 octobre 1925, sur dix mouvements. RIGOULOT pèse 99,5 kg et gagne, la 2è fois le 6 janvier 1926 au vélodrome d’hiver, il l’emporte de nouveau et très nettement avec entre autre un arraché à droite de 100,5 kg.

 

Fin 1926, Charles RIGOULOT rencontre Joseph ALZIN (145 kg) à Marseille (vélodrome Jean Boin) et le bat en améliorant les records du monde professionnel (105,5 kg arraché à droite, 95,5 kg arraché à gauche et 133,5 kg à deux bras). Rigoulot n’aura plus d’adversaire à sa taille.

Il améliore alors les records du monde professionnels: arraché à droite 110 kg à la Montmartroise puis 115 kg et enfin 116 kg le 14 avril 1930 à la salle Wagram. Au jeté à deux bras:175 kg à St.­Etienne. Puis en avril 1928 139,5 kg à l’arraché, 179,5 kg au jeté au vélodrome d’hiver, en lever de rideau de la course des 6 jours. Assisté fidèlement de son mentor Jean DAME qui deviendra un grand dirigeant du sport français président de la Fédération Française (né en 1897, décédé en 1970), il parcourra la France entière, puis l’étranger. Il épaule et jette le fameux “essieu d’Apollon, de 166 kg, jettera même, officieusement (faute de 3 arbitres officiels) la charge phénoménale pour l’époque de 185 kg. C’est le lundi 4 mai 1931 que Charles Rigoulot après avoir arraché 143 kg (nouveau record du monde) se blessera gravement en tentant d’épauler 185 kg, ce fut la fin de sa carrière d’athlète. Il continua par le catch ensuite. Il est décédé le 22 août 1962. Sa fille Dany est devenue championne de France de patinage artistique.

 

Rigoulot détenait les records du monde “amateurs.:

-  Arraché d’un bras.: 101 kg le 22 février 1925

-  Arraché à 2 bras: 126,5 kg le 28 juin 1925

-  Epaulé-jeté à 2 bras:161 kg le 28 juin 1925

Au cours des années 1929 à 1931, étant passé professionnel il a établi des records dont certains ne seront égalés que 20 ans plus tard. Ce sont:

-  Arraché d’un bras: 116 kg le 14 avril 1930

- Arraché à 2 bras:143 kg le 4 mai 1931

- Epaulé-jeté à 2 bras: 182,5 kg le 1er février 1929.

Ces performances exceptionnelles classent Rigoulot dans les précurseurs de l’haltérophilie modernes. Les 2 matches qu’il livra à Cadine restèrent mémorables.

 

Roger FRANÇOIS en 1928 à Amsterdam

Né le 7 octobre 1900 à Romans (Drôme), 1,67 m ; 75 kg ; licencié à la Société Athlétique Montmartroise. Il débuta en 1921 et fut sacré champion du Monde en 1922 à REVAL (Esthonie).

Il remporta le titre olympique en 1928 après une lutte sévère avec l’Italien GALIMBERTI. Il avait été 4è aux J.0. de Paris en 1924, et le sera encore en 1932 à LOS- ANGELES. Champion de France en 1922, 23, 25, 27, 28 et 29 il fut recordman du monde du développé avec 103,5 kg en 1928, il se retira en 1933 et est décédé en février 1949.

 

SUVIGNY, DUVERGER, HOSTIN en 1932 à LOS-ANGELES

A Los-Angeles en 1932, l’haltérophilie française connut son apothéose. Elle remporta trois titres sur cinq catégories avec Raymond Suvigny en plume (60 kg), René Duverger en léger (67,5 kg) et Louis Hostin en mi-lourd (82,5 kg). Depuis 1920, il y avait cinq catégories de poids (plume jusqu’à 60 kg), léger (jusqu’à 67,5 kg), moyen (jusqu’à 75 kg), mi-lourd (jusqu’à 82,5 kg), lourd (au ­dessus de 82,5 kg).

En 1937, une sixième catégorie fit son apparition , celle des coqs (56 kg) puis en 1951 une septième avec celle des lourds-légers (90 kg), en 1968 une huitième et neuvième avec celles des 52 kg et 110 kg.

Enfin en 1976 la dernière créée, celle dés 100 kg. dorénavant 10 catégories de poids permettent à tous les athlètes d’avoir leurs chances.

 

 

Raymond Suvigny est né le 21 janvier 1903 à Paris, employé au Métropolitain, licencié à l'US Métro, il débuta en 1919. C’était surtout un développeur. En 1923, il est 5é plume aux championnats de Paris. Son premier record de France, il le bat le 26 février 1923. En 1924 il fut 3é Aux championnats de Paris et participa aux jeux olympiques en 1924 où il termina 10è. En 1925, il améliora les records de France à l’épaulé-jeté en plume avec 107,5 kg puis 109 kg. En 1926 il fut champion de France, championnats au cours desquels le poids léger ARNOUT arracha 100 kg et jeta 126,5 kg, records du monde (autres champions de France en 1926 : VIBERT, ROLET, DANNOUX).

Le 27 juin 1926 au gymnase Jean Dame, SUVIGNY améliora les records du monde poids plume avec 113 kg à l’épaulé jeté en barre olympique (59 kg de poids de corps) et 90 kg en haltères séparés. En 1928 il fut champion de

France avec 280 kg (dont 88 kg à l’arraché, record de France poids plume, en FENTE seul style connu à l’époque), mais sa forme fut jugée insuffisante et il ne participa aux jeux olympiques. En 1930, il termina 3é aux championnats d’Europe.

En 1931, il eut beaucoup de difficultés à “faire le poids mais conserva son titre national.

En 1932, il dut perdre 3 kg, mais il fut champion olympique avec le total de 287,5 kg (sur les 3 mouvements qui resteront olympiques jusqu’en 1972 congrès de Munich). Développé : 82,5 kg, arraché : 87,5 kg, épaulé-jeté:117,5 kg). C’était un couronnement à sa carrière. Après plusieurs années de captivité, il est mort le 26 octobre 1945.

 

 

            René Duverger est né le 30 janvier 1911 à Paris, 1,64m pour 67,5 kg.

Il fut toujours licencié à la Société Athlétique Montmartroise, il débuta en 1927 et fit preuve d’une belle longévité puisqu’il fut champion de France en 1930, 1931,1932, 1933, 1934, 1936,1937, 1943, 1944 et 1945.

Il tirera encore le 21 décembre 1952 à 42 ans pour totaliser 282,5 kg en 67,5 kg. Il participa aux championnats d’Europe à Munich en 1930, à Luxembourg en 1931, à Gênes en 1934, à Paris en 1935. Egalement excellent gymnase et footballeur, son frère Charles fut 2 fois champion de France en 60 kg. Il fut champion olympique en 1932 avec le total de 325 kg aux trois mouvements (97,5 au développé, 102,5 kg à l’arraché et 125 kg à l’épaulé-jeté), champion d’Europe à Gênes en 1934. Il participera également aux jeux olympiques de 1936 à Berlin où il finira 3è avec 322,5 kg au total. Longtemps trésorier de la Fédération, il est décédé en 1983.

 

 

 

Louis Hostin est né le 21 avril 1908 à St.-Etienne. Excellent sprinter et lanceur de poids où il réalisa 11’6 sur 100 m et 13,18 m. Vers 18 ans, il vint à l’haltéropholilie, attiré par les exploits de 


Rigoulot qui faisaient la une des journaux à cette époque. En 1927, il devenait champion de France toutes catégories, l’année suivante, il se classait second aux Jeux olympiques d’Amsterdam avec 100 + 110 + 142,5. Dés lors, pendant six ans, il détint la suprématie mondiale des mi-lourds en enlevant à 2 reprises en 1932 et 1936, le titre olympique.

 

    

 

 

 

A Berlin en 1936 il totalisa 372,5 kg (110 + 117,5 + 145), ce qui battait le total du champion poids lourds. Il fut également 2 fois champion d’Europe. Il battit 17 records du monde et les porta à 122,5 kg à l’arraché et 157,5 kg à l’épaulé-jeté chez les 82,5 kg, performances encore élevées en 1988.

Marcel BARIL né en 1905, licencié au CA Nantais, il débuta seulement en 1931. Le 28 octobre 1934 il arracha à droite 76 kg ce qui constitua le record du monde des 60 kg. Ses records chez les 60 kg furent 96 kg à l’arraché, ce qui constitua longtemps le record de France qu’améliora Henri en 1962 et 120 kg à l’épaulé-jeté. Sélectionné aux Jeux de 1936, il termina 11é.

Il fut 6 fois champion de France et remporta son dernier titre en 1946 à 41 ans.

 

Henri FERRARI est né le 23 septembre 1912 à Frontignan. Il fut de 1938 à 1949, l’incontestable vedette de l’haltérophilie française. Le coiffeur de Montpellier fut neuf fois recordman du Monde à l’épaulé-jeté, d’abord en 1942 (malgré ou à cause des privations) à 74 kg avec 158 kg (il faudra attendre 1961 pour voir un autre Français Rolf MAIER, réussir 158,5 kg) puis en 1945 à 79 kg, réussir 169 kg (record supérieur à celui des lourds: LHUAR, 167,5 kg pour 140 kg de poids de corps). Il faudra attendre PATERNI pour que ce record soit effacé en France. En 1946 les championnats du Monde ont lieu à Paris, malheureusement Ferrari eut un stupide accident de voiture et il se présenta diminué. Il termina 2è avec 390 (110 + 120 + 160). Ce fut le soviétique NOWAK. Henri s’est éteint le 15 février 1975.

 

Jean DEBUF est né le 31 mai 1924 à Bousbecque dans le Nord. Ce fut un merveilleux styliste qui fut longtemps le meilleur haltérophile Français. En 1948, il termina 4é chez les 82,5 kg aux jeux olympiques de Londres, l’année suivante il se classait second aux championnats du Monde, enlevant du même coup le titre Européen avec le total de 382,5 kg. Médaille de bronze aux jeux olympiques de 1956 à Melbourne en 90 kg avec 425 kg, Jean Debuf jeta 170 kg en 1955 (record toutes catégories) et arracha la même année 130,5 en fente).

Jean Debuf participa à 4 jeux olympiques : 48 Londres, 52 Helsinki, 56 Melbourne et 60 à Rome. C’est le seul haltérophile a avoir participé à 4 J.0..5é Avec 400 kg. Il fut 3 fois champion d’Europe en 1949, cri 1951 à Milan chez les 82,5 kg avec 392,5 kg (à signaler que son camarade et mentor Raymond Herbaux remporta le premier titre des 90 kg avec 362,5 kg), en 1956 à Helsinki avec 427,5 kg en 90 kg devant un soviétique OSIPA (427,5) et un Bulgare VESELINOV (417,5).

 

En 54 à Vienne (405 kg (125-125-155) en 82,5 kg), en 55 à Munich (410 en 90 kg) il termina second. Il fut le porte-drapeau de la délégation

française aux J.0. de 1956.

 

Son dernier titre de champion de France fut acquis en 1961 chez les 82,5 kg avec 402,5 kg devant PATERNI (400 kg), il s’agissait de son 13è titre consécutif dans 3 catégories différentes de 1948 à 1961, bel exemple de longévité.

Roger GERBER né le 28 décembre 1933 à Paris, 1,66 m, sélectionné olympique en 1956 à Melbourne, avec 332,5, en 1960 à Rome chez les 67,5 kg avec 355.

 

Excellent athlète (6,48 m en longueur, 13,08 m au triple-saut .11’4 aux 100 m) il fut longtemps le meilleur poids léger français et porta les records de France à 110 kg à l’arraché et 140 kg à 1'épaulé-jeté. Il fut le directeur

 

technique national durant 10 ans. Champion de France 67,5 kg en 1956, 58, 59, 60, 61,62,63,64.

 

Marcel PATERNI né le 22 septembre 1936 à Casablanca. Il fit ses débuts en 1953 dans la catégorie des 67,5 kg où il réalisa 80, 80 et 105. Mesurant 1,63 m il pesa jusqu’à 100 kg à ses débuts.

 

                                

 

Recordman du Monde au développé à 2 bras avec 150,5 kg chez les 82,5 kg le 25 juillet 1959, Paterni fut champion de France senior en 1956, 57, 58, 59, 62, 63, 64, 65, 66. 3é des championnats d’Europe en 56, 60, 64, 3é des championnats du Monde 1958,1961, 7é aux J.0. de Melbourne (56) avec 395 kg chez les 82,5 kg, 4é à Rome en 60 avec 400 kg chez les 75 kg. Ses meilleures performances furent 155 kg au développé (chez les 90 kg), 135 kg à l’arraché (chez les 82,5 kg), 171,5 kg à l’épaulé-jeté (chez les 82,5 kg), il améliora ainsi le vieux record de Ferrari, Il fut directeur technique national.

Rolf MAÏER né le 16 décembre 1936 à Stuttgart, commence la pratique de l’haltérophilie à 14 ans, participe à sa première compétition à 16 ans. Licencié à l’Union Roubaisienne, il participe à ses 1er championnats du Monde en 1959 et s’y classe 10é en 75 kg avec 347,5 kg aux 3 mouvements, à Varsovie. Au total 6 participations aux championnats du Monde: 1959, 10è - 1961, 7è - 1962, 9è - 1963, 11é (407,5 kg) - 1965, 5è (417,5 kg) - 1966, 5è (417,5 kg), 8 participations aux championnats d’Europe:1959, 8è - 1960, 5è - 1961, 6è - 1962, 8è -1963, 7è - 1964, 5è. En1965 à Sofia, Rolf Maier monte sur le podium à la 3è place avec 422,5 kg; 1968, 5è Trois sélections olympiques, à Rome en 1960, 11é avec 380 kg, Tokyo en 1964, 7é avec 417,5 kg (record de France) et Mexico en 1966, 9é avec 425 kg. Deux sélections aux jeux méditerranéens à 8 ans d’intervalle 1959 à Beyrouth (2é avec 367,5 kg), 1967 à Tunis (1er avec 420 kg). Vingt deux sélections internationales échelonnées sur 13 ans, la première en 1959, France B Allemagne de l’Est, il remporte la victoire avec 357,5 kg, la dernière en 1972 à Paimpol, France B Angleterre B, il termine sa carrière internationale sur une victoire avec 417,5 kg. Rolf tenta une quatrième sélection olympique qu’il fut bien prés de réussir en 1972 pour Munich.

 

Toute Sa carrière Rolf Maïer tira en poids moyen (75 kg). Il fut champion de France senior en 1961, 1962, 1963, 1964,1965, 1966,1967,1968, 1969. Ses meilleures barres officielles en 75 kg :147,5 kg au développé, 132,5 kg à l’arraché, 166,5 kg à l’épaulé-jeté. Nommé CTR de l’Académie d’Amiens puis ENA, il est à l’origine des résultats sportifs de l’Amiens Sporting Club.

 

 

Roger LEVECQ né le 24 août 1935 à Loos.lés.Lille. Restera à jamais le premier Français à avoir épaulé-jeté la barre magique (dixit TOURNEFIER) de 200 kg. C’était le 23 mars 1968 à Faches-Thumesnil (banlieue Lilloise). Levecq pesait 108 kg, il participa aux jeux olympiques de 1968 à Mexico où il termina 10è.

 

Deuxième Français à atteindre le total de 500 kg aux 3 mouvements après Fouletier il engagea durant 5 ans un match à distance avec ce dernier. Ces 2 athlètes ont fait passer le record national de l'épaulé-jeté de 163 kg (DEBUF) à 200 kg.

 

Ses records furent 170 kg au développé, 142,5 kg à l’arraché et donc 200 kg à l’épaulé-jeté, (il épaula 205,5 kg lors des championnats de France 1968 à Charenton). Sa fille Sylvie née en 1962 est Internationale en Athlétisme. Il fut champion de France en 1964, 1970 et 1971.

Neuf autres Français seulement l’ont rejoint depuis aux 200 kg: GOURRIER, KOLLER, HILLER, KREITZ,TOURNEFIER,SAGEDER, TOKOTUU,

HEAFALA.

 

Pierre GOURRIER né le 2 mars 1947 à Nancy, 1,78 m pour 100 kg.

L’homme aux 103 records de France (individuels et par équipe). Sans contexte une “figure ” tant par ses performances, que par sa longévité sportive que par son influence et son aura auprès des jeunes de notre haltérophilie. Pierrot a participé à trois jeux olympiques, à Mexico en 1968 où il termina 10é en 90 kg avec 455, à Munich en 1972 (10è en 90 kg avec 472 5 kg) à Montréal en 1976 (4è en 110 kg avec 372,5 kg dont 215 kg à l’épaulé-jeté ce qui lui valut la médaille d’argent dans ce mouvement dans le cadre des championnats du Monde.

    

 

Il débuta en 1964 à la VGA St Maur (Paterni rentrait de Tokyo). Son premier record de France fut celui de l’arraché junior en 82,5 kg avec 120 kg (l’ancien était de 116 par Houin) en 1966. La VGA St Maur était alors l’un des tous premiers clubs Français avec Paterni, Fulla, Gourrier, etc. A Carpentras à partir de 1979, Gourrier détient en 1988 le plus vieux record de France avec 192,5 kg en 90 kg à l’épaulé-jété depuis les champiomats d’Europe de Zombathely en 1970 où il remporta la médaille d’argent (il verrouilla ce jour-là 201 kg, record du monde). Il remporta plusieurs médailles dans les grandes manifestations, outre l’argent à Zombathely en 70, à Montréal en 76, il obtient l’argent à Leningrad en 1967, championnats du monde avec 185 kg à l’épaulé-jeté en 90 kg, le bronze (champiomats Europe en 78 à l’épaulé-jeté avec 197,5 chez les 100 kg), le bronze à Columbus (USA) à l’arraché chez les 90 kg avec 142,5 kg en 1970.

 

Le record que Gourrier préfère: ses 215,5 kg à l’épaulé- jeté à 102 kg. Sa progression: 332,5 kg en 73, 342,5 en 74; 352,5 en 75; 372,5 en 76; 350 en 77; 345 en 78; 332,5 en 79; 350 en 80; 362,5 en 81.


Champion de France en1967, 1969, 1971,1972, 1973, 1974, 1975, 1976. 1977, 1978, 1980, 1981, 1982 soit 13 titres seniors dans 3 catégories différentes à 15 ans d’intervalle. Sa rivalité avec Steiner fit faire un bond spectaculaire aux records de France des 90 kg.

Aimé TERME né le 25 septembre 1945 à La Grand-Combe dans le Gard, licencié à La Grand-Combe d’abord puis SM Montrouge, AC Montpellier puis H.C. Palavas. Poids moyen sa carrière durant, 1,68 m pour 75 kg il fut médaillé d’or à Varsovie en 1969 avec 140 kg à l’arraché (championnats du Monde et d’Europe), médaille d’or en 1970 toujours à l’arraché à Columbus (USA) avec 142,5 kg (championnats du Monde), médaille de bronze aux championnats d’Europe 1971 avec 137,5 kg, médaille d’or aux championnats d’Europe 1972 à Constanza (Roumanie) avec

140 kg, médaille d’argent aux championnats du monde 1972 jeux olympiques) avec 142,5 kg à Munich. Il améliora 20 records nationaux, 2 records d’Europe avec le 13 novembre 1969, 143,5 kg et le 24 juin 1972 145,5 kg (qui était encore 5 jours avant le record du monde: TRABULSI, l’Iranien avait réussi 146 kg). Les souvenirs les plus marquants d’Aimé TERME, sur le plan sportif: 1). Avoir fait monter le drapeau tricolore par deux fois au sommet du mat en 1969, et pouvoir ainsi entendre “la Marseillaise ”  sur la plus haute marche du podium devant

7000 spectateurs en Pologne. Souvenir sacré surtout si nous le situons dans le contexte; un Français en Pologne qui se place devant un athlète Russe. 2). Sa plus belle victoire et sa plus grande bataille d’athlète se sont déroulées à Columbus (USA) en 1970 où il s’est battu pour à nouveau conquérir la plus haute marche du podium et faire entendre la Marseillaise au peuple Américain. Sur le plan anecdotique, Aimé se souvient avoir serré la main du Général de Gaulle et avoir été impressionné, avoir été invité à Matignon par le Premier Ministre (Monsieur Messmer), avoir “ferraillé ” avec le colonel CRESPIN, directeur des sports de l’époque (qui vient de nous quitter). Fut champion de France en 1970, 1972, 1973, 1974. Fut entraîneur national.

Daniel SENET né le 26 juin 1953, licencié à I’ Amiens SC, 1,61 m pour 67.5 kg

Le dernier en date des grands champions Français. A permis à “la Marseillaise ” de retentir à Lille en 1981 pour les championnats du Monde où il arracha 150 kg. Déjà en 1976 il avait créé la surprise en décrochant aux jeux olympiques de Montréal la médaille d’argent avec le total de 300 kg (135 + 165),

ainsi Daniel Senet fut-il toujours présent lors des grands rendez.-vous et posséde un palmarés élogieux.

 

 

 

 

Dans ma vie sportive, j’aurai appris à souffrir “ sans mots dire ”, à compatir sans pleurer, à pleurer sans espoir. J’aurai appris que l’aventure sportive peut être sans pitié, inhumaine, injuste. J’aurai appris que la solidarité n’existe pas, que le haut niveau sportif est une guerre avec chaque jour une mission impossible dont beaucoup n’arrivent pas, qu’entre le rêve et le cauchemar la tragédie se faufile aisément. Ma vie sportive m’a profondément marqué, touché, choqué. Je n’oublierai pas….

                                                                                       Aimé TERME

 

 

 

Médaille d’argent à Montréal en 1976 sur le total (300 kg), médaille d’or à Lille en 1981 à l’arraché (150 kg à 500 grammes du record du monde). Médaille d’argent à Montréal en 76 dans le cadre des championnats du Monde avec 135 kg à l’arraché. Médaille d’or à l’arraché En 1977 à Stuttgart avec 135 kg de nouveau (champiomats d’Europe) et médaille d’argent (championnats du monde). Médaille de bronze des championnats du Monde de Salonique en 1979 avec 312,5 kg au total, Médaille de bronze à l’arraché avec 142,5 kg, Quatrième des jeux olympiques de Moscou en 1980 avec 322,5 kg et médaille d’argent à l’arraché avec 147 5 kg (championnats du monde). Médaille de bronze des championnats d’Europe de Belgrade en 1980 avec 140 kg à l’arraché. Sa progression:1973, 232,5 kg; 1974, 242,5; 1975, 257,5, chez les 60 kg 1976, 300; 1977, 290; 1978, 292,5; 1979, 312,5; 1980, 322,5; 1981, 322,5 chez les67,5 kg.

 

 

    

     Ci-après quelques noms d’athlètes français :

                            

François VINCENT né le 10 avril 1936. 5é aux jeux olympiques de Rome en 1960. Record personnel 435 kg au total (3 mouvements).

 

Fred STEINER né en 1942, grand rival de GOURRIER chez les 90 kg, sélectionné aux J.0. de Mexico, 187,5 kg à l’épaulé-jeté en 1968.


 

Jean-Paul FOULETIER, athlète, étudiant en médecine dans les années 60, a valorisé l’image de l’haltérophilie auprès des médias. Il fut le premier Français à totaliser 500 kg aux 3 mouvements, c’est le 16 décembre 1962 qu’il améliora ses 1er records de France chez les lourds avec 129 kg à l’arraché et 164 kg à l’épaulé-jeté (les anciens appartenaient à Jean Debuf avec 128,5 et 163 kg), fut sélectionné aux jeux olympiques de Montréal en 1968. Ses records 180 kg au développé, 157,5 kg à l’arraché, 195 kg à l’épaulé-jeté.

 

Yvon COUSSIN né le 30 avril 1950 à Bolléne, 82,5 kg puis 90 kg, 8é à Montréal en 76 avec 332,5 en 90 kg

 

Serge STRESSER né le 28 septembre 1953 à Haguenau (Bas-Rhin), 1,55 m pour 52 kg puis 56 kg, 120 à Montréal avec 225 en 56 kg.

 

Roland CHAVIGNY né le 27 novembre 1950 à Villamblain, 1,68 m, 67,5 kg puis 75 kg, licencié à Orléans puis Tours, 8è à Montréal en 76 avec 285 kg en 67,5.

 

Roger LEBLANC né le 22 janvier 1954 à Lille, 1,64 m, 67,5 kg.

 

Robert JOUAN né le 20 mai 1954 à Paris, 1,75 m, 75 kg puis 82,5 kg.

Bruno LEBRUN né le 24 décembre 1956 à Houilles, 1,62 m pour 56 kg puis 60 kg 9è aux championnats du monde en 1978 à Gettysburg avec 230 kg en 56 kg, 12è aux championnats du monde 1979 à Salonique participa aux jeux de Moscou en 80.

 

Jean-Claude CHAVIGNY né le 3 juillet 1952 à Orléans, 1,61 m pour 56 kg puis 60 kg, licencié à Orléans, 9è aux jeux olympiques de Montréal en 1976 avec 235 kg en 56 kg, 10è des championnats du monde en 77 à Stuttgart avec 247,5 kg en 60 kg. Il redescend en 56 kg en 1978 pour terminer 9è aux championnats du monde de Gettysburg avec 230 kg, 8è Européen à Varna en 79 avec 257,5 kg en 60 kg, 8è Mondial à Salonique en 79 avec 262,5 kg en 60 kg..

 

Michel BARROY né le il avril 1940 à Troyes (Aube), 1,68 m pour 75 kg puis 82,5 kg, sélectionné olympique à Munich en 1972. Records personnels à l’épaulé-jeté en 75 kg:167,5 kg en 82,5 kg, 175 kg (records de France alors).

 

Didier LEROUX né le 27 décembre 1959 à Nevers.

 

Bruno MAÏER né le 14 juillet 1961 à Roubaix, fils de Rolf MAÏER, recordman de France en 60 kg senior à l’arraché avec 120,5 kg

 

 

 

 

 

Quelques anecdotes internationales

 

Le premier homme à avoir épaulé plus de 200 kg fut l’Américain ASHMAN le 21 septembre 1958 à Stockholm (202,5 kg à 122,9 kg). Ce même ASHMAN arrachait ce jour-là 150,8 kg, record du monde. Que de chemin parcouru, songeons que SOULEIMANOGLOU en 60 kg a arraché cette même charge.

Le premier à avoir épaulé et jeté plus de 200 kg fut le Soviétique VLASSOV (202,5 kg à 118 kg) le 10septembre 1960 aux jeux de Rome.

 

Chez les super lourds citons encore Jabotinski également Soviétique qui défit Vlassov aux jeux de Tokyo en 1964 après une belle lutte tactique, Jabotinski né le 17.7.1938 à Zaporodje. il garda son titre olympique en 1968, 1,92 m pour 160 kg, il fit un “come-back ” en 1974 et améliorait le record du monde à l’arraché avec 180,5 kg.

Le fameux Alexeiev, dont les formes rebondies ont fait la une des journaux, le premier à franchir la barrière des 600 kg aux 3 mouvements en 1970.

Le premier à avoir atteint le total des 500 kg avait été l’Américain ANDERSON en 1955.

Le premier homme à avoir jeté 210 kg fut VLASSOV le 22 décembre 1961 à Dniepropetrosk (210,5 kg).

 

 

Le premier à 220 kg fut BEDNARSKI (USA) le 9 juin 1968 à York (220,5 kg).

Le premier à 230 kg fut ALEXEEV (URSS) le 14 avril 1971 à Taganrog (230,5 kg).

Le premier à 240 kg fut ALEXEEV (URSS) le 20 mars 1974 à Yerevan (240,5 kg).

Le premier à 250 kg fut BONK (RDA) le il avril 1976 à Berlin (252,5 kg)

Le premier à 260 kg fut PISARENKO (URSS) le 26 mars 1983 à Allentown (260,5 kg).


 

 

La plus lourde charge jetée est l’apanage de TARANENKO (URSS) avec 266 kg le 26 novembre 1988 à Canberra (record du monde avant la refonte des catégories).

Le premier homme a avoir jeté TROIS fois son poids de corps fut TOPOROV (Bulgarie) avec 180 kg en 60kg.

Le plus vieux champion Olympique fut PLUKFELDER (URSS) en 1964 à Tokyo (36 ans et 40 jours) ?

Le plus jeune champion Olympique fut ZENG WOQUANG (Chine) en 1984 à Los Angeles (19 ans et 133 jours).

Le plus jeune champion du Monde senior fut SHALAMANOV (Bulgarie) en 1983 à Moscou (16 ans et 273 jours).

Trois haltérophiles ont réussi la gageure de remporter TROIS titres olympiques:

SULEYMANOGLU (Turquie né le 23 janvier 1967) En 1988 à Séoul, en 1992 à Barcelone, en 1996 à Atlanta. A noter qu’en 1984 il était favori mais la Bulgarie pays dont il était ressortissant alors boycotta les Jeux Olympiques.

DIMAS (Grèce, né le 13 septembre 1972). En 1992 à Barcelone, en 1996 à Atlanta, en 2000 à Sydney.

KAKHIAVILIS (Grèce né le 13 juillet 1969). En 1992 à Barcelone, en 1996 à Atlanta, en 2000 à Sydney.

Le Hongrois FOLDI (né le 8 mai 1938) participa à CINQ jeux Olympiques. 1960 à Rome, 1964 à Tokyo, 1968 à Mexico, 1972 à Munich ou il remporte l’or, 1976 à Montréal.

Norbert SHEMANSKY (USA né le 30 mai 1924) et Ronny WELLER (Allemagne) sont les athlètes qui ont remporté le plus de médailles olympiques. Pour SHEMANSKY Argent en 1948 à Londres, Or en 1952 à Helsinki, Bronze en 1960 à Rome, Bronze en 1964 à Tokyo à 40 ans, pour WELLER, Bronze en 1988 à Séoul, Or en 1992 à Barcelone, Argent en 1996 à Atlanta, Argent en 2000 à Sydney.

 

 

A noter la présence dans ce Panthéon haltérophile, du Français Louis HOSTIN avec deux titres olympiques (1932 à Los Angeles et 1936 à Berlin)

Les premiers championnats du monde féminins se tinrent en 1987 à Daytona Beach à Miami.

Les 300 kg au total ont été réalisés par DING MEIVUAN (Chine 103,5 kg) à Sydney en 2000 (135 + 165)

 

Depuis sa création la fédération Internationale d’haltérophilie connut HUIT présidents:

Messieurs Péter TATICS (Hongrie), Jules ROSSET (France), Wilem LINDEN (Hollande),Dietrich WORTMANN (USA), Bruno NYBERG (Finlande), Clarence JOHNSdN (USA), Gottfried SCHODL (Autriche) et depuis le 10 décembre 2000, Tamas AJAN (Hongrie).

 

Depuis sa création la fédération Française connut neuf présidents:

Messieurs Jules ROSSET, Camille HARASSE, Jean DAME, Célestin BOVI, Raymond TOURNIER, André CORET, Henri LAGUARIGUE , Bernard GARCIA, Jean-Paul BULGARHIDES.

 

En 1991, création des championnats d’Europe des moins de 16 ans.